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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 09:12


La découverte par deux libraires, dans une brocante, d'une photographie de bonne qualité d'Arthur Rimbaud donne un visage adulte à "l'homme aux semelles de vent", le poète de génie qui cessa d'écrire pour entreprendre une vie d'aventurier dans de lointaines contrées africaines.

Arthur Rimbaud, deuxième à droite, à l'hôtel Univers, à Aden au Yémen, dans les années 1880.

 

 

 Arthur Rimbaud, deuxième à droite, à l'hôtel Univers, à Aden au Yémen, dans les années 1880.

Rimbaud adulte a un visage... Ce n'est ni le jeune poète de 17 ans immortalisé par la photo de Carjat, ni le bagnard fantomatique amaigri, à l'image très floue d'avant sa mort", commente Jean-Jacques Lefrère, spécialiste de Rimbaud, qui a aidé les deux libraires Jacques Desse et Alban Caussé a authentifier le cliché à l'issue d'un travail minutieux de deux années.

 

 "Il apparaît avec une intensité presque gênante. C'est le vrai Rimbaud, le personnage dans sa vérité d'homme terrestre, qui fuit l'objectif et tel que personne ne l'a connu, pas même Verlaine", ajoute M. Lefrère auteur de Sur Arthur Rimbaud, correspondance posthume 1891-1900, aux éditions Fayard, qui paraît jeudi avec la photo inédite en couverture. L'ouvrage montre, à travers toute la correspondance sur Rimbaud après sa mort, comment le mythe est né alors qu'il était totalement oublié du public au moment de sa disparition.

source Le Monde

 

La photo, qui n'est pas précisément datée, remonte au "début des années 1880". Elle montre l'auteur du Bateau ivre et des Illuminations, assis au milieu d'un groupe de sept personnes sur la terrasse de l'hôtel Univers à Aden, au Yémen. Elle faisait partie d'un lot d'une trentaine d'autres, prises aussi à Aden, et découvertes lors d'une brocante il y a deux ans par les deux libraires, deux jeunes quadragénaires passionnés "d'histoires de livre" et dont la librairie se trouve dans le 18e arrondissement de Paris .

 

"On voyait ce type à l'œil clair, qui a l'air d'un extraterrestre au milieu des autres, un peu comme s'il était là et en même temps ailleurs. C'était bouleversant", raconte Jacques Desse.

 

"L'endroit où nous l'avons acquise et son prix importent peu. Nous avons eu une intuition. L'extraordinaire, c'est que c'est un peu le chaînon manquant entre la célèbre photo du poète de 17 ans d'Etienne Carjat et quatre autoportraits réalisés dans des conditions très mauvaises avant sa mort en 1891" à 37 ans, ajoute-t-il.

 

Pour authentifier le cliché, les deux libraires et Jean-Jacques Lefrère ont fait de nombreuses recherches sur le décor, l'entourage francophone de Rimbaud pendant son exil entre Aden, au Yémen, et Harar, en Ethiopie, où il arrive fin 1880 et devient gérant d'un comptoir, fait commerce d'ivoire, de café, de peaux et d'or.

 

 Autour de lui, notamment "Jules Suel, en costume à carreaux, propriétaire de l'hôtel Univers et qui a cofinancé l'expédition de Rimbaud en 1886 entre Tadjoura, sur la mer Rouge, et le royaume de Menelik, qui deviendra Négus, roi d'Ethiopie, un an plus tard", raconte M. Lefrère.

 

"C'était une folle aventure, il s'agissait d'une caravane d'armes dans ce qui était le Far West à l'époque. La caravane précédente avait été massacrée, c'était une épreuve physique terrible, à dos de chameau...", poursuit-il. "Il en était revenu épuisé". Rimbaud mourra en 1891 à Marseille après avoir été amputé en raison d'une tumeur au genou droit.

 

Tout le travail sur cette période, le vieillissement de la photo de Carjat et l'analyse de l'implantation des cheveux de Rimbaud, ont finalement permis d'authentifier le cliché avec certitude. Il est présenté par les deux libraires avec plusieurs éditions originales de Rimbaud au Salon du livre ancien, au Grand Palais à Paris, inauguré jeudi soir et qui dure jusqu'à dimanche.

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26 août 2008 2 26 /08 /août /2008 05:36

Charleville-Mézières 

C'EST L'ÉTÉ / La maison Rimbaud nous emmène ailleurs



La Maison des Ailleurs propose aux visiteurs de plonger dans l'univers de Rimbaud grace à des sons et des images. Il serait dommage de fouler le même sol que celui du poète sans avoir visité la maison qui l'a vu grandir. Profitez du temps maussade pour découvrir - ou redécouvrir - la Maison des Ailleurs.

 COMBIEN d'entre nous, ardennais de souche ou d'adoption, peuvent se targuer d'avoir visité la maison de celui qui fait notre fierté au niveau national ?

 Un rapide sondage laisse entrevoir que nous ne sommes pas si nombreux…
Dommage, car la visite vaut le détour. Mais il est encore temps d'y remédier.

 N'espérez pas pour autant en apprendre beaucoup plus sur le célèbre poète. Pour cela, le musée Rimbaud est plus adapté.
 
La Maison des Ailleurs est plutôt l'occasion de s'immerger dans le monde de l'écrivain. Un monde de création, de doutes et de voyages…
Ici, pas de place à la reconstitution.

 Les neuf pièces consacrées aux contrées visitées par Rimbaud sont relativement - et volontairement - vides. La demeure est restée telle qu'elle l'était au XIXe siècle. Mme Rimbaud y a habité six années avec ses quatre enfants, jusqu'en 1875.

 C'est l'époque où Arthur Rimbaud fréquente le collège voisin. Il a entre 15 et 21 ans. Le poète étant particulièrement précoce, c'est exactement la période de sa création poétique. Pénétrer dans cette maison aujourd'hui, c'est donc l'occasion de palper toute cette émanation intellectuelle.
 
En entrant dans la première salle, on se rend compte immédiatement qu'on ne va pas visiter un musée traditionnel. La salle du Non-lieu, comme elle se dénomme, ressemble à un wagon, avec ses banquettes dans lesquelles sont intégrées des enceintes qui diffusent des bruits de bateaux. Au premier étage, on découvre les villes que Rimbaud a bien connues : Charleville, Paris, Londres et Bruxelles.

 Sur la cheminée, quelques photos. Aux murs, des inscriptions qui défilent. Et d es bandes-son, avec des extraits de lettres, de poèmes, d'articles de l'époque.
L'étage du dessus est consacré aux voyages plus lointains. Ici, plus de textes lus mais seulement des ambiances sonores. Des images sont projetées un peu partout.

Dans cette ambiance, il ne semble y avoir ni début, ni fin. Conformément au poète, qui était sans cesse sur le départ.
 
A la fin de la visite, le public peut consulter une riche documentation.
Mais attention, n'escomptez pas ressortir en ayant appris des poèmes de Rimbaud. Par contre, vous risquez d'avoir l'irrésistible envie d'en lire.
Caroline Vallois
Ouvert tous les jours sauf le lundi de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures Tarifs : 4 euros, billet groupé avec le musée Rimbaud et le musée de l'Ardenne. Gratuit pour les habitants de Charleville, les moins de 18 ans et le 1er dimanche du mois source: "l'Ardennais
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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 22:19

Visitez Charleville la ville d'Arthur Rimbaud, faites quelques pas qui vous emmeneront  sur la Place Ducale où les parents d'Arthur rimbaud se seraient rencontré.
Frédéric Rimbaudson père , capitaine d'armée, en garnison à Mézières a participé à la campagne d'Algérie, pour laquelle il est récompensé de la Légion d'honneur.
 À un concert donné place de la Musique à Charleville[, il aurait remarqué Vitalie Cuif, une jeune paysanne de Roche, petite bourgade près d'Attigny et installée à Charleville.
 
Marié très vite avec elle, il repartira avec sa garnison, ne revenant que quelques rares fois, le temps de lui faire un enfant quasi « annuel ». Après la naissance de cinq enfants (Frédéric, Arthur, Victorine (décédée à l'âge d'un mois), Vitalie et Isabelle), il abandonne sa famille.la famille Rimbaud  y  souvent allait regarder le défilé militaire, le père d'Arthur rimbaud était militaire
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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 11:05

 "Eclipse Totale" (Rimbaud - Verlaine) Fillm avec Leonardo Dicaprio et David Thewlis !!
L'histoire de "Rimbaud Verlaine;"Septembre 1871. Paul Verlaine accueille à Paris le jeune poète Arthur Rimbaud. Les excentricités de ce dernier ne lui attirent pas que des amis et très vite, il ne reste que son hôte pour l'admirer. Une admiration qui se transforme vite en amour. Verlaine change, s'enivre et quitte sa femme pour suivre Rimbaud dans une impossible liaison...
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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 19:03
Etant née à Charleville, je suis trés fière, d'avoir moi aussi, comme beaucoup d'autres  enfants de charleville( nés avant 1960), parcourue, jouée,  dans les  mêmes endroits fréquentés autrefois par Arthur Rimbaud .

Quelle Heureuse surprise d'avoir appris qu'un  texte inédit du poète Arthur Rimbaud (1854-1891), écrit à l'âge de 16 ans, venait  d'être découvert 138 ans après sa publication dans un ancien journal de Charleville-Mézières

Extrait de presse:
Le texte en prose, intitulé "Le rêve de Bismarck", d'une cinquantaine de lignes, avait été publié sous la signature de Jean Baudry dans le numéro du 25 novembre 1870 du journal Le Progrès des Ardennes, lui-même retrouvé dans des conditions rocambolesques, a raconté à l'AFP le bouquiniste François Quinart, confirmant des informations du journal Le Figaro.
                                  Image hébergée par servimg.com
Jean Baudry est un pseudonyme de Rimbaud, connu des spécialistes, avec lequel le poète envoyait des textes au journal et notamment ce "Rêve", un texte à parfum patriotique dirigé contre le prince Otto von Bismarck, chancelier du royaume de Prusse puis de l'Empire allemand.

"C'est le soir. Sous sa tente, pleine de silence et de rêve, Bismarck, un doigt sur la carte de France, médite", écrit-il en pleine guerre franco-prussienne.M. Quinart, patron d'Arches-Libris dans la ville natale de Rimbaud, avait acheté il y a deux ans "un lot de vieux livres et de vieux journaux ardennais à une vieille dame" qui voulait s'en débarrasser.

N'y ayant rien trouvé, il met "les journaux sous plastique, dans la vitrine". Le bouquiniste fait des salons, des foires, des "milliers de personnes l'ont vu, ça n'a intéressé personne", dit-il.

En avril dernier, un jeune cinéaste, Patrick Taliercio, qui tourne un film sur Rimbaud, achète "pour quelques dizaines d'euros" les journaux. "Il est revenu me voir deux jours plus tard, m'a dit +vous avez vu l'article, c'est du Rimbaud !".

Interrogé par le Figaro, Jean-Jacques Lefrère, grand spécialiste du poète, a confirmé la découverte. "C'est un beau texte métaphorique, très maîtrisé", dit-il, ajoutant que cette découverte "fait renaître l'espoir de retrouver, dans d'autres exemplaires du journal, d'autres textes du poète".

Génie précoce, Rimbaud a écrit quelques uns des textes les plus célèbres de la poésie française, comme "Le dormeur du val" ou "Le bateau ivre".

J'ai commencé une rubrique dans ce blog avec photos et  poésie renseignements ect... Arthur Rimbaud
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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 16:35
RIMBAUD-LE POETE ARDENNAIS AUX SEMELLES DE VENTS 
                         LE DORMEUR DU VAL
C'est un trou de verdure où chante une rivière 
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert ou la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort.
Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit 
                  
Image hébergée par servimg.com
                   Arthur Rimbaud
Arthur Rimbaud est né en 1854, il avait 16 ans à la guerre de 1870
qui a laissé de très mauvais souvenirs en France et plus particulièrement
dans les Ardennes.

L'horreur de la guerre de  a inspiré de nombreux textes, l'un des plus célèbres par la sobriété de sa dénonciation est peut-être le sonnet Le Dormeur du Val d'Arthur Rimbaud.

Ce poème illustre des thèmes très chers à Arthur Rimbaud, à savoir le sens du tragique, de l'existence et la mort. Son art s'illustre particulièrement avec les effets rythmiques brisés, symboliques d'une vie brisée.

Habileté par laquelle il nous met sur une fausse piste, tout en nous laissant des indices, à la réelle interprétation du poème Beaucoup de personnes de ma génération a appris par cœur à l'école ce célèbre sonnet de Rimbaud.

Mais derrière ce poème se murmure un cri de révolte contre l'horreur de la guerre, l'assassinat des jeunes soldats, le massacre de toute une jeunesse.

Une lente approche dans un vallon ensoleillé conduit peu à peu le lecteur devant une découverte macabre qu'on assimilerait à un sommeil paisible. Le Dormeur du val
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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 22:39
LES EFFARÉS
Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s'allume,
Leurs culs en rond,
 
À genoux, cinq petits, - misère ! -
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond...
 
Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l'enfourne
Dans un trou clair.
 
Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air.
 
Ils sont blottis, pas un ne bouge,
Au souffle du soupirail rouge,
Chaud comme un sein.
 
Et quand pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
On sort le pain ;
 
Quand, sous les poutres enfumées,
Chantent les croûtes parfumées,
Et les grillons ;
 
Quand ce trou chaud souffle la vie ;
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,
 
Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres petits plein de givre,
- Qu'ils sont là, tous,
 
Collant leur petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses
Entre les trous,
 
Mais bien bas, - comme une prière...
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert,
 
- Si fort, qu'ils crèvent leur culotte,
- Et que leur lange blanc tremblote
Au vent d'hiver... 

                  Arthur Rimbaud - 20 septembre 1870
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14 mai 2008 3 14 /05 /mai /2008 21:25
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Dans les Ardennes à Roche dans le petit village natal de sa mère ,Arthur Rimbaud écrivit certains passages d'Une saison en enfer"
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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 21:30
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Arthur Rimbaud s'est certainement inspiré d'un méandre de la meuse pour écrire "Le Bateau Ivre"
Carte postale ancienne de charleville "Le Vieux Moulin" la maison natale d'Arthur Rimbaud est toute proche.
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12 mai 2008 1 12 /05 /mai /2008 21:10
                Le Bateau Ivre
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus tiré par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

 J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands et de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.


Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.


La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots !


Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sûres,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin.


Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ;


Où, teignant tout à coup les bleuités, délires
Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour !


Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelques fois ce que l'homme a cru voir !


J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très-antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !


J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !


J'ai suivi, des mois pleins, pareilles aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !


J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux des panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux !


J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulement d'eau au milieu des bonacees,
Et les lointains vers les gouffres cataractant !


Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns
Où les serpents géants dévorés de punaises
Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !


J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants.
- Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instant.


Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombres aux ventouses jaunes
Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux...


Presque île, balottant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabotteurs aux yeux blonds.
Et je voguais lorsqu'à travers mes liens frêles
Des noyés descendaient dormir à reculons !


Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repéché la carcasse ivre d'eau ;


Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur ;


Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient couler à coups de trique
Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;


Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets !


J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future vigueur ? -


Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer !


Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé
Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai.


Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leurs sillages aux porteurs de cotons,
Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

                                        Arthur rimbaud


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