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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 14:35
Quatre ans après l'élection de son champion, où en est la bande du Fouquet's ?

 

Vous avez sollicité monsieur Sarkozy pour lui demander en quoi il avait profité ou non de la soirée du Fouquet's depuis l'élection de 2007. J'en ai parlé avec lui. Il ne voit pas trop la pertinence de votre demande." Le "monsieur Sarkozy" auquel fait référence cette responsable de la communication, ce n'est pas Nicolas mais Guillaume, délégué général du groupe Malakoff Médéric. Comme à la quasi-totalité des autres invités du Fouquet's le soir de la présidentielle de 2007 Le Point a demandé au frère aîné du président de s'exprimer sur ces instants fondateurs du quinquennat.

 

 Comment, quatre ans après, perçoivent-ils ce symbole du régime ? Que sont-ils devenus eux-mêmes ? Ont-ils bénéficié, dans leur carrière, dans leurs affaires, de cette proximité avec un chef de l'Etat qui avait décidé de la jouer décomplexée ?

 

Autant dire que les intéressés ne se sont pas bousculés pour répondre à nos - innocentes - questions. Avec Antoine Bernheim, Hugues Gall et quelques autres, Guillaume Sarkozy (réflexion faite, il a estimé ne rien avoir à cacher) fait partie des très rares qui ont accepté de répondre à visage découvert à nos questions. Une grosse dizaine d'entre eux ont bien voulu témoigner, à condition de ne pas être identifiés. Les autres n'ont pas répondu à nos sollicitations.

 

Ce qui est en cause ? L'image, incrustée dans l'inconscient collectif, d'une poignée de beautiful qui auraient fêté LA victoire : pas seulement celle d'un homme et d'un programme, mais celle d'une petite caste de privilégiés qui s'est envolée, ce soir-là, vers le monde merveilleux des demi-dieux de la cour, protégés et favorisés par l'entregent du monarque.

 

Réunion entre amis."Ce cliché est totalement faux et outrancier. Le Fouquet's, c'est un café des Champs-Elysées, ce n'est pas l'empire du luxe. Cécilia, quand elle a dressé la liste des invités, n'a pas choisi le Ritz ou le Crillon, qui étaient pourtant plus proches de la place de Concorde, où se déroulait la fête publique", défend l'un d'entre eux, qui nous égrène la liste des relations haut placées dans les médias - y compris au Point - pour faire comprendre qu'il a le bras long."Je faisais partie des 23 millions de Français qui avaient voté Sarkozy et, quand j'ai reçu le coup de fil le samedi après-midi me demandant de réserver ma soirée au cas où..., j'étais très content. Donc je ne regrette pas d'y être allé. Je regrette ce que c'est devenu... Bon, j'arrête là, car je vois que je commence à m'excuser", s'agace un autre.

 

Pourquoi tant de gêne ?"Le " Paloma ", le yacht de Vincent Bolloré sur lequel Nicolas Sarkozy est parti au lendemain de sa victoire, et le Fouquet's sont devenus indissociables dans l'inconscient collectif, analyse Edouard Lecerf, de la Sofres. Cela entrait en collision avec l'image de liberté et d'indépendance qu'avait offerte le candidat. Au moment de la crise financière, cette suspicion de collusion a cristallisé."

 

Jean-Marc Lech, coprésident d'Ipsos, évoque un "été meurtrier" : "Le Fouquet's est devenu le symbole de la désunion entre Cécilia et Nicolas Sarkozy. Celui-ci a été élu pour renouer avec les Trente Glorieuses. Il commence par dormir dans un palace. Cela a engendré une première suspicion, confirmée par la conférence de presse de janvier 2008, au cours de laquelle Sarkozy dit à la fois que les caisses sont vides et qu'avec Carla c'est du sérieux. Les gens se disent qu'il va s'occuper de son petit bonheur à lui au lieu de s'occuper d'eux." Nicolas Sarkozy lui-même n'a pas saisi l'effet ravageur de cette réunion entre amis."Super, ton reportage", a-t-il dit à Philippe Warrin, le seul photographe présent ce soir-là, en découvrant les 19 pages immortalisant la petite fête dans Match.

 

Les amis du Fouquet's forment une assemblée hétéroclite. Il y a les amis de toujours, les patrons, les vedettes sur le retour, les sportifs, les collaborateurs et prestataires. Certains ont su se montrer présents lors de la traversée du désert suivant la défaite de Balladur, en 1995, quand le téléphone ne sonnait plus beaucoup à Neuilly. Le milliardaire canadien Paul Desmarais a été un hôte attentionné à Sagard, sa magnifique propriété canadienne.

 

 Antoine Bernheim, Martin Bouygues et quelques autres, à la même époque, n'ont pas oublié de faire travailler le cabinet d'avocats de Nicolas Sarkozy. Hugues Gall a invité le couple à l'Opéra de Paris, dont il était le directeur, alors que les invitations ne pleuvaient pas."J'ai connu Nicolas Sarkozy en 1993, quand il était ministre du Budget, raconte-t-il.Il a rendu, concernant l'Opéra, des arbitrages qui étaient ceux que je souhaitais. Je l'ai donc soutenu autant que me le permettait mon devoir de réserve, en tant que conseiller d'Etat, pendant la campagne. Et j'appréciais beaucoup Cécilia, qui est une femme de caractère.""Vous êtes toute ma famille", leur a d'ailleurs dit le tout nouveau président lors du discours qu'il a prononcé à l'adresse de tous.

 

Grâces et disgrâces. Une famille favorisée, depuis quatre ans, par la position de pouvoir acquise par son champion ? Pas toujours, loin de là. Certains de ses membres ont vu leur ascension brisée en plein envol. Rachida Dati, l'ancienne garde des Sceaux repliée au Parlement européen, David Martinon, l'ex-porte-parole exilé en Californie comme consul de France à Los Angeles, Christine Albanel, passée du ministère de la Culture à la direction de la communication de France Télécom, ou encore Jean-Pierre Raffarin, qui se rêvait en deuxième personnage de l'Etat à la tête du Sénat et doit se contenter de jouer le M. Bons-Offices auprès des dignitaires chinois, tous ceux-là peuvent en témoigner.

 

Certains se sont senti pousser des ailes, tel Patrick Balkany, qui a multiplié les voyages tapageurs en Afrique, fraternisant sans retenue avec quelques dictateurs locaux, et a fini par se faire rappeler à l'ordre par Claude Guéant lorsque celui-ci était à l'Elysée. Alain Minc, lui, avait quelques "poulains" à placer : Jacques Veyrat était programmé pour France Télécom, Alexandre Bompard pour France Télévisions, et Stéphane Courbit devait reprendre la régie publicitaire de la télé publique.

 

Aucun des trois n'a obtenu la récompense convoitée (Stéphane Richard, un autre ami du président, a décroché la direction de France Télécom). Au dernier moment, le qu'en-dira-t-on au sein même de la nomenklatura française a fait renoncer l'Elysée. Le pygmalion Alain Minc ironise volontiers, auprès de ses proches, sur l'effet paradoxal de sa proximité avec Nicolas Sarkozy. Un exemple ? Ses livres, des essais érudits dont beaucoup ont connu un grand succès public, se vendent moins bien qu'avant.

 

Il y en a aussi pour lesquels l'Elysée a fait des efforts en vain. Isabelle Balkany, vice-présidente du conseil général des Hauts-de-Seine, veillait sans excès de finesse aux intérêts de Jean Sarkozy au sein de l'assemblée départementale. En mars 2011, elle choisit de quitter le canton de Levallois Nord, qui risque de passer à gauche, pour celui de Levallois Sud, beaucoup plus facile... Seul hic : comment libérer la place, occupée par une autre femme, Danièle Dussaussois ? Celle-ci est nommée en conseil des ministres au Conseil économique, social et environnemental en novembre 2010 et décorée de la Légion d'honneur. Tout cela pour rien : Isabelle Balkany sera battue par le candidat divers droite Arnaud de Courson.

 

Les amis du CAC 40 s'en sortent-ils mieux ? Le ministre Sarkozy avait fait inscrire dans la loi que jamais l'Etat ne descendrait au-dessous de 70 % sa participation dans EDF et GDF. Après l'élection, il a finalement béni la fusion GDF Suez, dans laquelle Paul Desmarais et Albert Frère étaient partie prenante.

 

Martin Bouygues ? Il rêvait d'un rapprochement Areva-Alstom pour prendre pied dans le nucléaire. Une stratégie partagée avec un autre patron présent au Fouquet's, Patrick Kron, avec qui Sarkozy a procédé au sauvetage d'Alstom quand il était ministre des Finances, en 2004. Mais ils ont perdu : Anne Lauvergeon, la présidente d'Areva, a su résister aux pressantes manoeuvres d'annexion. La limitation de la publicité dans le service public de télévision, a priori très favorable aux chaînes privées en général et à TF1 en particulier ?

 

Elle est, selon le magnat du BTP, parrain du troisième fils du président, une mauvaise affaire pour son groupe, à cause des taxes auxquelles se trouvent soumises ses filiales TF1 et Bouygues Télécom pour financer France Télévisions. Le comble : l'ami de toujours, considérant qu'il n'était pas entendu en France, est allé porter plainte à Bruxelles contre cette décision française. Bouygues peut tout de même se consoler, côté BTP, avec le beau contrat que vient de remporter son groupe pour construire, dans le sud-ouest de Paris, le Pentagone à la française, un budget de 3 milliards d'euros (il est vrai que les deux autres grands du BTP français ont eux aussi eu leur part du gâteau depuis 2007).

 

Campagnes gouvernementales. Vincent Bolloré n'a pas non plus à se plaindre. Même si, officiellement, l'Elysée n'a joué aucun rôle dans l'affaire, le tycoon breton vient de récupérer l'exploitation du port de Conakry, en Guinée, le paradis du minerai. En mars, deux semaines avant une visite officielle à Paris, Alpha Condé, le premier président du pays élu démocratiquement, a signé un décret accordant une concession de vingt-cinq ans à son groupe. D'autre part, Bolloré est aussi le propriétaire d'Havas. A ce titre, il a bénéficié de nombreuses campagnes gouvernementales, notamment sur la réforme des retraites.

 

Pièce rapportée du Fouquet's, Henri Proglio n'a pas de raison non plus d'être mécontent. Il a enfin décroché la présidence d'EDF, qu'il guignait depuis longtemps.

 

Pour Serge Dassault, Nicolas Sarkozy s'est ouvertement démené, notamment au Brésil, où il avait réussi à convaincre Lula, l'ancien chef de l'Etat, d'acheter quelques exemplaires du Rafale, cet invendable bijou technologique français. Las ! Lula parti, l'état-major de l'armée brésilienne ne semble pas conquis par l'avion de chasse et lorgne du côté des Américains. Le président a en revanche permis à Dassault de prendre le contrôle de Thales. Officiellement pour que l'entreprise reste en de bonnes mains.

 

 Demeure le cas de Bernard Arnault. Lui ne travaille pas avec l'Etat. Et dans le dossier qui l'oppose à Hermès (il s'est invité au capital de l'entreprise de luxe sans y être convié), l'Elysée n'a, à ce jour, joué aucun rôle. Il est vrai qu'avoir trop d'amis tue l'amitié... Pendant que Bernard Arnault et son lieutenant Nicolas Bazire étaient au Fouquet's, quatre membres de la famille propriétaire d'Hermès, appartenant au Premier Cercle (qui regroupe les donateurs VIP de la campagne de Nicolas Sarkozy)célébraient la victoire salle Gaveau, où le nouvel élu venait de faire son premier discours de président.

 

Simple posture ou manière de ne pas désespérer Billancourt, nombre des amis du CAC 40 s'expriment parfois, en privé, comme de grands déçus du sarkozysme. L'un d'entre eux confie au Point, sans rien cacher de son amertume : "Au départ, tous les patrons, présents au Fouquet's ou pas, étaient vraiment séduits. Pour eux, le nouveau président allait réveiller la France endormie sous Chirac. Aujourd'hui, c'est le désenchantement. Pas tellement parce que aucun d'entre eux n'a vraiment profité de la situation. Non, ce qui est en cause, c'est le comportement : inconstant et imprévisible, Nicolas Sarkozy promet, mais ne tient pas.

 

C'est un velléitaire. Personne n'ose lui dire qu'il est incohérent de peur d'être rabroué. Mais que dire de la valse-hésitation sur le bouclier fiscal qui a été fabriqué pour les gens du Fouquet's ? Au départ, c'était une idée de Serge Dassault de l'abaisser à 50 % des revenus.

 

Une idée simple, trop simple, qui s'est transformée en piège. Sarkozy et son entourage n'ont pas vu, ou pas voulu voir, qu'avec ce plafond les riches échapperaient désormais à tout effort fiscal nouveau qui retomberait forcément sur le reste de la population. De toute façon, les entrepreneurs qui ont réussi continuent à quitter le pays, alors que normalement, lorsqu'on a de l'argent, on doit pouvoir se payer le luxe de rester chez soi." Avec des amis comme cela...

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Sophie Coignard et Romain Gubert
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    C'est un tout petit club. Ils n'étaient pas au Fouquet's. Mais leurs parents, si... Hasard ou simple coïncidence ? Leur carrière a connu une belle accélération depuis 2007. François Guéant est le fils du ministre de l'Intérieur. Avocat, il cumule bien des casquettes. Locale : il a décroché l'investiture de député suppléant UMP dans la 5e circonscription du Morbihan et n'hésite pas à faire venir du beau monde dans son fief (comme en 2009 Basile Boli ou Bernard Laporte, eux aussi invités au Fouquet's).

Politique : depuis 2009, il dirige les " jeunes actifs " de l'UMP. Professionnelle, enfin : après avoir été successivement aux cabinets de Brice Hortefeux (avant 2007), puis de Rachida Dati au ministère de la Justice et d'Alain Marleix aux Collectivités locales, il est aujourd'hui le directeur de cabinet du président de l'Assemblée des chambres de commerce et d'industrie de France. Alexandra de La Brosse (la fille de François de La Brosse, présent au Fouquet's) est attachée de presse à la cellule communication de l'Elysée et travaillait avant 2007 pour le candidat.

 

 Même lorsqu'on ne travaille pas pour le pouvoir, il n'est pas toujours facile d'appartenir au club des " fils et filles du Fouquet's ". Ainsi, lorsque Yannick Bolloré, patron de Direct 8 (groupe Bolloré), a déprogrammé en janvier 2008, juste avant la diffusion, une émission intitulée " Sarkozy et les femmes ", les mauvaises langues y ont vu la main de son père... alors qu'il ne s'agissait, selon la chaîne, que d'un simple problème technique.



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Published by meuse.ardennes - dans revue de presse
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