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28 décembre 2011 3 28 /12 /décembre /2011 10:31

Le président (de la baisse)du pouvoir d'achat
C'est un trait distinctif de Nicolas Sarkozy : il se prête assez facilement à la caricature. Au fil des ans, la presse l'a donc moqué en le présentant sous des apparences multiples ; tantôt sous les traits d'un Louis de Funès agité et bourré de tics, tantôt sous ceux de Napoléon III, sorte de Nicolas le Petit autoritaire multipliant les cadeaux somptueux aux obligés du Palais. Mais nul n'a pensé à le présenter sous les traits d'Harpagon. Et pourtant, il va falloir y songer. Car s'il faut recenser les sept péchés capitaux de la Sarkozie, l'avarice figure naturellement en bonne place.
 
Tout au long du quinquennat, cela a en effet été l'une des marques de fabrique de la présidence Sarkozy : elle a été caractérisée par un égoïsme social sans réel précédent. Offrant sans cesse de nouveaux cadeaux fiscaux à sa clientèle électorale, celle des très grandes fortunes, le chef de l'État a même pris un risque majeur : alors qu'il avait juré ses grands dieux durant toute la campagne électorale de 2007 qu'il serait «le président du pouvoir d'achat», c'est sur ce dossier qu'il est aujourd'hui le plus fragilisé. Car l'opinion sait qu'il a menti et connaît le bilan cinq ans plus tard : le pouvoir d'achat est en baisse. «Ma cassette ! Ma cassette !...»: comme le héros avaricieux de Molière, Nicolas Sarkozy a tout fait pour que les salariés n'obtiennent pas la moindre miette résultant de la croissance, si faible soit-elle.

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Que l'on se souvienne en effet du début de la pièce ! Acte I : battant la campagne, au début de 2007, comme le montre le début de la vidéo ci-contre, Nicolas Sarkozy de Nagy-Harpagon explique jour après jour à qui veut l'entendre que «l'une des questions centrales pour la France, c'est celle du pouvoir d'achat des Français». «Les salaires sont trop bas, les revenus sont trop faibles. Et moi, je veux parler à la France qui travaille, celle qui a un métier, (...) celle qui travaille dur et qui pense pourtant que l'on n'arrive pas à joindre les deux bouts», martèle-t-il jour après jour.

Et que l'on observe maintenant l'acte V, c'est à dire l'épilogue de ce quinquennat. C'est l'Insee qui l'a présenté, dans sa dernière note de conjoncture, le 15 décembre, en donnant ses prévisions pour le premier semestre de 2012: Nicolas Sarkozy est en fait «le président de la baisse du pouvoir d'achat». Selon l'indicateur le plus pertinent, le pouvoir d'achat par unité de consommation (qui correspond à ce qu'éprouvent réellement les Français), la hausse a seulement été de 0,7% en 2011 et pour le premier semestre de 2012, il devrait être en baisse de l'ordre de -0,5 à -0,6 point.

En bref, l'Avare, c'est comme on le sait l'École du mensonge. Car, dans le cas présent, le héros tyrannique et capricieux de la pièce n'a pas été le jouet d'événements extrérieurs à sa volonté qui ont contrarié ses promesses. En clair, ce n'est pas l'irruption d'une crise économique historique qui a contraint Nicolas Sarkozy à renoncer à ses engagements. Non ! D'entrée de jeu, dès juillet 2007, avant même que la crise n'enfle, il renonce par exemple à donner le moindre coup de pouce en faveur du Smic. Et les cinq années suivantes − fait sans précédent dans l'histoire de la République −, alors que la relance du pouvoir d'achat aurait pu contribuer à doper la consommation et donc la croissance, il refuse toujours de donner le moindre coup de pouce. En clair, la politique d'austérité a commencé avant même la crise. Harpagon a menti tout de suite.

Sous les effets de la crise mais tout autant de la politique économique, le nombre de pauvres a aussi explosé. Pour la seule année 2010, il a ainsi augmenté de plus de 400.000, portant le nombre de pauvres en France à plus de 8,2 millions de personnes, un niveau historique. Et pour 2011 et le début de 2012, la hausse sera vraisemblablement encore plus spectaculaire, puisque le chômage sera toujours, selon l'Insee, en hausse sensible (+1,1% en novembre, en hausse pour le 7e mois consécutif, selon les chiffes du ministère du Travail rendus publics ce lundi 26 décembre). Et pour ceux qui ont un travail, cela vaut à peine mieux, puisque le revenu médian des Français est actuellement de 1.584 euros par mois. Autrement dit, 50% des Français ont un revenu inférieur à ce seuil. Voilà donc le bilan sarkoziste. Il est accablant.

On connaît l'épilogue : Harpagon finit par se faire voler sa cassette. Sous les applaudissement du public. Dans la perspective d'un nouveau partage des richesses, favorisé par une politique de relance tournant le dos à l'austérité, Nicolas Sarkozy mérite, à la mi-2012, le même camouflet.
Cinq ans d'austérité
Pour revisiter la pièce entière, voici la chronique, de la plus récente à la plus ancienne, qu'en a tenue Mediapart :
Alerte récession !
 15 décembre 2011. Comme toute la zone euro, la France est dès à présent entrée en récession. C'est ce que révèle l'Insee, qui prévoit une explosion du chômage et un recul du pouvoir d'achat. Le constat de l'institut constitue un réquisitoire contre la politique économique de Nicolas Sarkozy mais, en creux, a aussi valeur d'alerte pour la gauche: faut-il combattre l'austérité ou seulement «donner du sens à la rigueur»?

Sarkozy préside au retour des «années fric»
 23 novembre 2011. Une étude de l'Insee révèle que les inégalités de patrimoine se sont fortement aggravées depuis 2004: l'écart entre les 10% des ménages les mieux dotés et celui des 50% les moins dotés a augmenté «de près de 10%». Loin de freiner cette tendance, la politique fiscale de Nicolas Sarkozy l'a encore creusée. Pour le plus grand profit des nouvelles «200 familles».
Le triste florilège des inégalités françaises   16 novembre 2011. Dans son traditionnel «Portrait social» de la France, l'Insee met en évidence les inégalités qui minent le pays. Hausse de l'intérim, augmentation du niveau de vie pour les plus riches, effets injustes des réformes fiscales récentes : c'est un constat alarmant que dresse l'institut.

Plan d'austérité : travailler plus pour gagner moins
 7 novembre 2011. Anticipation du passage à 62 ans de l'âge légal de départ en retraite; relèvement de nombreux impôts, et pas seulement de la TVA; gel des prestations sociales: c'est un plan d'austérité beaucoup plus important que prévu que François Fillon a présenté lundi, portant sur 18,6 milliards d'euros. Pour les financer, les Français devront accepter de travailler plus et plus longtemps. Décryptage.

Sous l'austérité, l'injustice et les mensonges
 6 novembre 2011. Hausse de la TVA et création d'un taux intermédiaire, économies sur le budget de l'État et de la Sécurité sociale: le deuxième plan d'austérité de Nicolas Sarkozy, qui sera dévoilé lundi, devrait receler une cascade de mauvaises nouvelles pour les salariés. Parti pris contre la purge préparée par l'Élysée, à grand renfort d'engagements solennels bafoués et de contrevérités.
Comment Sarkozy a détourné la crise sur les pauvres  30 août 2011. L'Insee révèle que la France comptait 8,2 millions de pauvres en 2009 et que le niveau de vie médian était seulement cette même année de 1.590 euros par mois. Un spectaculaire creusement des inégalités, beaucoup moins du fait de la crise que de la politique impulsée par Nicolas Sarkozy.

La hausse vertigineuse des revenus du patrimoine
 27 avril 2011. Une étude de l'Insee révèle que les inégalités se sont creusées en France du fait d'un spectaculaire enrichissement… des plus riches ! Elle met en évidence l'injustice de la réforme de l'ISF que prépare Nicolas Sarkozy et place la gauche face à ses responsabilités.

L'austérité casse la reprise et appauvrit les ménages 16 décembre 2010. Une croissance de 0,2% à 0,3% par trimestre au début de 2011; un taux de chômage à près de 9,5%; un pouvoir d'achat en stagnation voire en baisse: l'Insee met en évidence les effets pernicieux sur la France des plans d'austérité mis en œuvre en Europe et de la politique voulue par Nicolas Sarkozy.

Radiographie d'un pays au bord de l'exaspération sociale
30 septembre 2010. Une rafale d'études économiques récentes dressent le portrait d'une France au bord de l'exaspération sociale. Croissance anémiée, chômage record, emploi précaire, salaires ridiculement bas: on prend la mesure d'une souffrance sociale que les projets du gouvernement risquent d'accentuer. Parti pris.

Attaques incessantes contre le Smic
Bonjour l'austérité ! Adieu la reprise ! Au diable le social ! 12 mai 2010. La croissance française au premier trimestre a été plus faible que prévu: +0,1%. Cette statistique met en cause la pertinence de la politique d'austérité à laquelle la France se convertit et qui risque de casser tout espoir de reprise. Le gouvernement veut réduire ses dépenses sociales, notamment celles au profit du RSA. Parti pris contre une politique socialement désastreuse.


Pouvoir d'achat : vers une baisse sans précédent depuis 1996 25 mars 2010. La nouvelle note de conjoncture de l'Insee confirme la faiblesse de la reprise et l'envolée du chômage. Mais elle révèle que le pouvoir d'achat des ménages pourrait baisser au cours du premier semestre de 2010. S'il se confirme, ce recul sera le premier depuis 1996 et le sixième en un demi-siècle.

Justice sociale : le manifeste de l'après-guerre aux oubliettes.30 janvier 2010. Dans un entretien vidéo avec Mediapart, Alain Supiot, professeur de droit et auteur de L'Esprit de Philadelphie(Seuil), explique pourquoi le souci de justice sociale qui était au cœur des préoccupations de l'après-guerre a, depuis, été oublié. Il invite la droite et la gauche à réfléchir à leurs renoncements, qui sont selon lui à la racine de la crise actuelle.

L'ascenseur social français marche à l'envers 15 juillet 2009. Alors que périodiquement la France s'interroge pour savoir comment fonctionne son ascenseur social, une étude du Centre d'analyse stratégique, qui dépend de Matignon, apporte une réponse tranchée: il marche en dépit du bon sens. «22% à 25% des trentenaires et des quadragénaires se retrouveraient aujourd'hui plus bas dans l'échelle sociale que ne l'étaient leurs parents, contre environ 18% au début des années 1980», affirme l'étude. Le constat représente un véritable réquisitoire contre les politiques économiques qui ont été conduites pendant près de trois décennies.

Capital-travail : un partage de plus en plus inégalitaire 17 février 2009. C'est Nicolas Sarkozy qui l'a lui-même annoncé lors de son entretien télévisé du 5 février: le sommet social qui doit avoir lieu le 18 février à l'Élysée aura à son ordre du jour la délicate question d'un meilleur partage du profit entre actionnaires et salariés. La suggestion apparaît à ce point judicieuse qu'on serait enclin, dans un premier élan, à applaudir et à dire: chiche! Sauf que… Pour quiconque se plonge dans le dossier du partage des richesses créées par les entreprises, l'hypocrisie élyséenne saute vite aux yeux. Tant Nicolas Sarkozy a lui-même conduit une politique économique qui a contribué à déformer le partage entre salaires et profits! Et tant les industriels les plus proches de lui gèrent leurs entreprises − et leurs propres fortunes − en sens contraire de ce que le chef de l'État fait mine aujourd'hui de recommander.

Une politique brouillonne mais radicalement antisociale 29 janvier 2009. Si de Napoléon III à Nicolas Sarkozy, la France vit toujours dans un système de monarchie républicaine, d'autres points communs relient aussi les deux époques: de Napoléon le Petit au petit Nicolas, on constate la même politique économique paradoxale, mélangeant des bouffées de volontarisme et d'autoritarisme à des pulsions ultralibérales. Une grande différence, pourtant: alors que Louis Napoléon affichait une sensibilité sociale, son lointain héritier incarne une variété mutante du bonapartisme, radicalement antisociale. Parti pris.

Quand Nicolas le Petit taille en pièces le droit social 10 juillet 2008. Dans l'exercice du pouvoir, Nicolas Sarkozy perpétue en de nombreux domaines cette tradition si française, la tradition néo-bonapartiste, celle de la monarchie républicaine. Depuis un an, toutes les preuves en sont méthodiquement administrées. Sauf en un domaine majeur : le social. À la différence de celui qu'on appelait Napoléon le Petit, et qui avait fait promulguer de grandes lois sociales, Nicolas le Petit promeut de grandes réformes… antisociales. Parti pris.

L'emploi protège de moins en moins de la pauvreté 29 avril 2008. Le cinquième rapport de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale souligne que le nombre de pauvres a cessé de reculer et que la situation de ceux qui sont sous le seuil de pauvreté se dégrade. Ces statistiques, qui s'arrêtent à 2005, mettent aussi en évidence que le nombre des travailleurs pauvres est en hausse. En clair, même si le chômage recule, l'emploi est de moins en moins une protection contre la pauvreté.

Un rapport officiel veut casser le salaire minimum 9 avril 2008. Dans un rapport que le Conseil d'analyse économique n'a pas encore publié, mais que l'on peut télécharger sur le site de Mediapart, trois économistes, Pierre Cahuc, Gilbert Cette et André Zylberberg, recommandent au gouvernement de remettre en cause les règles d'indexation du salaire minimum.

Le pouvoir d'achat devrait stagner au premier semestre 21 mars 2008. Les prévisions de l'Insee laissent présager un «acquis» de croissance de +1,4% à la fin du premier semestre 2008. Mais le chômage devrait cesser de baisser. Et le pouvoir d'achat serait proche de la stagnation (+0,3%).
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Published by meuse.ardennes - dans revue de presse
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