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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 10:17

 Après les avoir piétinées consciencieusement cinq ans durant, Nicolas Sarkozy revendique la morale et la décence. Le politique est-elle devenue le royaume de l'amnésie ?


World economic forum (Flickr - cc) Pourquoi devrais-je me priver d'écrire ce que je pense au prétexte que certains rêveraient d'un blog équilibré, donc aseptisé en ces temps où la passion politique monte chez beaucoup de nos concitoyens dans l'attente d'une échéance capitale ?
 Ce n'est pas la joute surréaliste ayant opposé Jean-Luc Mélenchon (JLM) à Marine Le Pen(MLP) qui me mobilise (France 2, nouvelobs.com). Certes je comprends bien le souci du premier de récupérer une part de l'électorat ouvrier investissant sur la seconde mais tout de même je saisis mal pourquoi JLM ne s'assigne véritablement comme cibles que cette dernière et François Hollande (FH). JLM, semblant enivré par la violence de ses coups, ne les retient pas à l'encontre de MLP - un zeste de machisme politique ?- et les contrôle davantage pour ce qui regarde son adversaire socialiste. Mais force est de constater que Nicolas Sarkozy est épargné par le candidat du Front de gauche. Pourquoi ?

Je ne suis pas davantage sollicité par la très ennuyeuse campagne menée par Eva Joly. Sur le plan de l'apparence elle a été remarquablement "relookée" mais malheureusement pour elle, la parole ne se "refait" pas aussi aisément.

J'en arrive à l'essentiel. Je suis incapable - c'est une drogue- de me détourner, surtout en cette période, de la chose politique de sorte que, en devinant souvent ce qui se passera d'agité et d'indigné dans mon for intérieur, je cède tout de même et j'écoute les discours des deux principaux candidats et de François Bayrou quand les médias veulent bien songer qu'il existe.

Nicolas Sarkozy, à Lille, tenait réunion - c'était sa deuxième grande manifestation après Marseille- et à l'évidence il n'avait aucun mal à convaincre des déjà convaincus qui, leurs applaudissements constants le démontrant, avaient tout oublié et n'avaient rien appris (LCI).
 
Je passe sur les nombreux sourires entendus du candidat qui, à bien les analyser, mettaient moins l'accent sur la pertinence de l'argumentation que sur le bon tour qu'il était en train de jouer, le côté ludique de cette performance où un Sarkozy à la fois ancien et nouveau s'offrait à l'enthousiasme de ses partisans.
 
Je néglige ce qui est inévitable dans une lutte présidentielle et est également réparti dans les deux camps.

Si le président a été traîné dans la boue durant cinq ans, FH n'a jamais participé à ces outrances et il convient d'admettre que Nicolas Sarkozy y a mis beaucoup du sien! L'épisode du "sale mec", en toute bonne foi, ne pouvait être exploité comme l'orateur à Lille l'a fait. Mais une telle campagne est indissociable de ces scories qui ne sont pas gravissimes. La qualifier à rebours de "sale", comme l'a déclaré Moscovici, est excessif: on n'est pas dans une nursery!
 
En revanche, j'ai cru que mon audition m'égarait quand dans un long développement consacré au bon, au vrai peuple - avec une éloquence et un élan auxquels Henri Guaino n'était pas étranger- il a osé proférer une énormité.

Avant de lui faire un sort, il est symptomatique de relever que Nicolas Sarkozy n'a de cesse de cliver ce que l'obsession de l'unité nationale devrait le contraindre à maintenir solidaire. Le peuple contre les élites d'abord puis, à Lille, le peuple souhaité contre un peuple implicitement exilé puisque la France dont il soulignait les mérites et les qualités n'avait à l'évidence, selon lui, rien de commun avec celle de l'adversaire.
 
 Demain, peut-être, nous aurons droit à une nouvelle configuration, confrontation, et à la fin la France, qu'il n'est pas besoin de définir pour l'aimer, sera en lambeaux.
Cette énormité, la voici. « Cette France, elle veut la morale et la décence ».
Quel culot, ai-je immédiatement pensé avec un mélange de stupéfaction presque admirative devant ce qu'il se permettait et le regret que la dignité du politique soit ainsi rabaissée! Comment, même devant une salle inconditionnelle, invoquer de si belles exigences, une éthique exemplaire quand durant un quinquennat elles ont été foulées aux pieds!  Il n'est personne, pourtant, dans l'assemblée, qui a eu le courage de se lever et de crier : quelle honte!
  
Ainsi, tout est permis, tout peut être dit, l'amnésie est la meilleure tactique qui soit, la République tellement imparfaite n'interdit pas qu'à nouveau il brandisse l'illusion, pour sa sauvegarde, d'une République irréprochable! En effet, le peuple aspire « à la morale et à la décence » mais c'est le mépriser que de lui promettre ce que consciencieusement, avec persévérance, au mieux on a laissé se déliter, au pire on a détruit. La parole publique ne lave pas tout.
 
Quel culot, en effet! Un déjeuner a eu lieu à l'Elysée avec dix-sept personnalités du milieu du patrimoine et des monuments et toutes, à son issue, ont été "impressionnées par le bagout du président" (Le Figaro). Culot, bagout, toupet, désinvolture, absence totale du sens du ridicule, politique poussée jusqu'à la démagogie, audace le conduisant, dans la précipitation, à se fabriquer de bric et de broc une apparence insolite: il garde la veste de 2007 mais avec le pantalon de 2012. Et cela marche !
 
Au rythme où vont les choses, avec les pères "nobles" qui l'affrontent et  se flattent de ne parler que du fond - mais du fond où Nicolas Sarkozy, à tort ou à raison, est le plus crédible pour l'opinion : sa capacité à affronter les crises, sa compétence économique et financière - au lieu de focaliser sur l'Etat de droit, la Justice, les privilèges, la morale publique défaillante, la République dévoyée, Nicolas Sarkozy mène, lui, un train d'enfer.
 
 Son professionnalisme pour le pire enfonce les lignes. Ils calculent pendant qu'il bouscule.
Je bouillais devant ma télévision en imaginant les répliques que l'indécence de l'hommage à la morale et à la décence aurait dû vigoureusement, brutalement susciter. François Hollande et son entourage, François Bayrou et son équipe sont en train de perdre parce qu'ils s'obstinent à se situer dans une campagne classique alors qu'ils ont en face d'eux un "monstre" technique et politique qu'aucun scrupule n'embarrasse.
Il fonce et ils donnent l'impression du ralenti. La cinquième vitesse, c'est pour quand ?
source marianne

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Published by meuse.ardennes - dans revue de presse
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