La gendarmerie sous la tutelle du ministère de l'Intérieur
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Voulu par Nicolas Sarkozy, ce changement, officiel depuis le 1er janvier, suscite des inquiétudes.
Deux cent onze ans après le vote du premier texte de loi fixant son statut militaire et définissant
ses missions de police administrative et judiciaire, la gendarmerie nationale est officiellement entrée le 1er janvier dernier dans le giron du ministère de l'Intérieur.
Voulu par le président Nicolas Sarkozy malgré les vives inquiétudes exprimées tant par les militaires et les policiers que par certains élus locaux, ce changement de tutelle a pour effet
immédiat de placer, dans chaque département, les képis sous l'autorité du préfet. Pour en mesurer les conséquences concrètes à long terme, il faudra en revanche attendre la discussion du projet
de loi sur la gendarmerie à l'Assemblée nationale puis l'adoption, à l'automne, de son premier budget entièrement conçu place Beauvau.
Ces derniers mois, les critiques se sont multipliées contre un projet qui vise, selon ses promoteurs, à mieux harmoniser l'action des 120 000 policiers et des 100 000 gendarmes
sans pour autant remettre en cause la traditionnelle «dualité» des forces de sécurité françaises. Sous couvert de l'anonymat, certains pandores ont exprimé la crainte que le rapprochement
n'entraîne, à terme, une fusion pure et simple au bénéfice des policiers.
De même, les rumeurs de fermeture de brigades se sont multipliées, poussant certains élus locaux à se mobiliser pour la défense d'une sorte de statu quo. Début décembre, l'ancien premier
ministre Jean-Pierre Raffarin a pour sa part mis en garde contre le risque de voir cette réforme déboucher sur la création d'«une seule force de sécurité, dangereuse pour la République».
Revendications corporatistes
Fin décembre, les sénateurs ont voté dix-huit amendements visant à «préserver le statut militaire de la gendarmerie, conforter ses missions et son ancrage territorial» et, manifestement, à
limiter l'impact du changement de tutelle. En pratique, la Haute Assemblée souhaite par exemple que la justice reste libre de confier une enquête indifféremment à un service de police et de
gendarmerie.
Cherchant manifestement à tirer avantage de la «parité» entre les deux statuts promise par Michèle Alliot-Marie, syndicats de police et associations de gendarmes ont pour leur part
multiplié les revendications corporatistes. Si une revalorisation des grilles indiciaires présidant aux rémunérations des militaires doit voir le jour entre 2009 et 2011, il n'est cependant pas
question de refondre en profondeur les statuts des gendarmes et policiers.
Dans un premier temps, c'est donc très progressivement que les effets de la réforme vont se faire sentir sur le terrain. Rapidement, la mutualisation des centres de formation devrait se
développer, offrant à un nombre croissant de CRS la possibilité de s'entraîner au centre de formation de la gendarmerie de Saint-Astier en Dordogne.
De même, les séminaires mixtes police-gendarmerie en matière de renseignement sont appelés à se multiplier. Plus symboliquement, l'installation du directeur général de la gendarmerie Place
Beauvau, initialement prévue pour le 1er janvier, ne devrait pas intervenir avant le mois de juin.
source: le figaro